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Extrait du chapitre
LA TAPISSERIE
DE BAYEUX
NOTICE HISTORIQUE
dans “Promesse d’Angleterre”

“La tapisserie qu’on expose au public, représente toute la suite d’une des plus grandes et des plus heureuses expéditions qui furent jamais entreprises : la conquête de l’Angleterre, faite en 1066, par Guillaume le bâtard, duc de Normandie, qui échangea ce surnom contre celui de Conquérant.
Ce monument est reconnu par tous les connaisseurs, comme contemporains de la conquête ; et de la tradition du pays, que le cours de sept siècles n’a point affaiblie, en attribue la confection à la reine Mathilde elle-même. La tradition porte, que cette Princesse aidée des dames de sa cour, y a tracé elle-même toute la suite d’une entreprise aussi mémorable. S’il est permis de rapprocher de la rudesse de l’antiquité féodale la simplicité des temps héroïques, on pourrait comparer Mathilde, qui peint au moyen de son aiguille la conquête de l’Angleterre, à l’Hélène d’Homère, qui trace sur un canevas les exploits des Troyens et des Grecs sous Troie.
Cette frise en broderie, longue de 214 pieds, et haute de 18 pouces , était exposée de temps immémorial, en certains jours de l’année, dans l’église cathédrale de Bayeux. Cette exposition solennelle et périodique a contribué sans doute à ne pas laisser vieillir ni disparaitre les notices traditionnelles concernant l’origine de cet ouvrage.
Des inscriptions latines accompagnent pas à pas les figures ; par ce moyen, la tapisserie de Mathilde fixe des points incertains de l’Histoire, et peut corriger et suppléer les Écrivains du temps. Nous en allons suivre tous les sujets. [...]”