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“[...] Pendant ce temps, les troupes normandes approchaient de plus en plus, et parcouraient en divers sens les provinces de Surrey, de Hants, de Hertford et de Middlesex, pillant partout, brûlant les villages et massacrant les hommes en armes ou sans armes. Cinq cents cavaliers s’avancèrent jusqu’au faubourg méridional de Londres, engagèrent le combat avec un corps de bourgeois qui se présenta devant eux, et incendièrent, dans leur retraite, les bâtiments situés sur la rive droite de la Tamise. Jugeant, par cette épreuve, que la grande ville saxonne était disposée à se défendre, Guillaume, au lieu de s’en approcher et d’en faire le siège, se porta vers l’ouest et alla passer la Tamise au gué de Wallingford, dans la province de Berks. Il établit dans ce lieu un camp retranché, et y laissa des troupes pour intercepter les secours qui pourraient venir des provinces occidentales ; puis, se dirigeant vers le nord-est, il alla camper lui-même à Berkhamsted, dans la province de Hertford, pour interrompre également toute communication entre Londres et la contrée du nord, et prévenir le retour des fils d’Alfgar, s’ils se repentaient de leur inaction. Par cette manœuvre, la capitale se trouva cernée ; de nombreux corps d’éclaireurs en ravageaient les environs et en arrêtaient les approvisionnements, sans livrer aucun combat décisif. Plus d’une fois, les habitants de Londres en vinrent aux mains avec les Normands ; mais, par degrés, ils se fatiguèrent, et furent vaincus, moins par la force de l’ennemi que par la crainte de la famine et par la pensée décourageante qu’ils étaient isolés de tout secours [...]”