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LE FOSSÉ D'HASTINGS
un roman épique
VINGT DEUXIÈME TRIADE
Chant LXIV
12 de juillet 1147, c’est grand affolement,
Le manoir d’Aspatria reçoit ce jour
Un personnage qui ne devrait pas y être,
Henry, fils de Mathilde, encore que jeune,
En ses quatorze années, est là.
Fort heureusement pour le baron,
Sa petite troupe l’accompagnant,
Sur la plage de la Mersey est restée.
« Je suis surpris de votre venue, jeune Henry,
Mais en quelle usage puis-je vous assister ? »
On l’aurait dit béjaune, mais d’esprit droit,
Henry semble plus égaré d’amour maternel
De la lignée du noble Conquérant.
« Je ne requiers de vous que subsides,
Si cela vous est agréable et sans saignée. »
Ainsi, Richard d’Aspatria donna
À la cause du jeune héritier,
Car déjà, il pensait à l’Angleterre.
Henry fut bien marri de cette tentative,
Par guerre, de reprendre la couronne,
Les troupes du roi Estienne d’Angleterre
L’ont châtié, mais le chroniqueur écrit,
“Le jeune Henry, fils de Mathilde,
Franchit la Manche avec audace,
Affirmer bien fort les droits de sa mère.
Mais les barons, entre loyauté et aventure,
Sont assez partagés et peu le suivent
Sa jeunesse seule contre volontés humaines,
Il se retire en Normandie, avec honneur,
Mais conscient de l’inconstance des loyautés.”
À la fin de cette année-là,
Une mauvaise nouvelle arrive.
“Eudes, votre cousin, est fort mal en point”,
Écrit l’épouse d'Eudes, au baron, son familier.
Chant LXV
L’an 1148 commence fort tristement,
En effet, Eudes, chevalier-banneret,
De Fontaine-Haute est mort il y a peu.
Il venait de fêter ses soixante-sept années
Quelques jours auparavant en son manoir,
Remis de mauvaise fièvre attrapée de ce froid.
“À Richard et Elizabeth, mes doux amis,
C’est le cœur brisé que je vous écris,
Mon bien-aimé Eudes, chevalier et banneret,
A été rappelé par le Seigneur le 11 février.
Savant et pieux, attentif aux malades
Et tant fidèle à ceux qu’il aimait.
La maison est vide et mon cœur aussi,
Je me languis de son sourire et de ses pensées,
Je me console en pensant à la paix de son repos.
Je le sais dans vos prières vivantes,
Son nom continue d’éclairer ceux qu’ont aimé.
En douleur et fidélité, votre amie Berthe.”
Cette nouvelle, en la période ambiante,
Vient ajouter à la tristesse du temps.
Même le départ de Mathilde pour l’Anjou,
Où l’attend son mari, Geoffroy Plantagenêt,
N’arrête pas les querelles et troubles.
Le roi Estienne, tant faible de décisions
Qui eussent été bonnes pour le royaume,
Ne se départit pas de ses errements,
Mal entouré et surtout mal conseillé,
Le royaume est secoué de soubresauts.
Mis au pillage, ici par des hordes flamandes,
Là par des brigands venus du pays des Scots.
Dans même temps, voyant son époux,
Message en main, front ridé et mains tremblantes,
Elizabeth demande un peu inquiète,
« Il s’agit de nouvelles de notre fils ? »
« Non, ma chère, un souvenir qui revient. »
Chant LXVI
« Ahmad est mort, assassiné, ma douce. »
Il s’écroule sur un fauteuil heureusement là,
En pleurs et se remémorant étudiant,
Ayant encontré cet ami à Damas.
« La vie est extraordinaire, Elizabeth,
Nous deux, amis et condisciples
De ce fol de Basile de Thessalonique,
Remettant en question toute pensée
Ptoléméenne, imaginant autre modèle,
Si blasphématoire qu’il évoquait à mi-mots,
Chuchotant ses idées comme contes. »
Elizabeth, versée aussi d’astronomie,
Écoute Richard, son doux époux, parler,
« Basile évoquait à mots feutrés,
Que Dieu, peut-être, dans sa sagesse,
Avait mis le soleil en centre du ciel,
Et qu’honorant la divine lumière,
Les planètes au lieu de se mouvoir
De leur sphère invisible de nos yeux,
Tourneraient plutôt autour de l’astre,
Avec respect et continuité du temps,
Et la Terre, selon notre joyeux conteur,
Participerait aussi de cette danse,
Étant même en troisième position. »[1]
Elizabeth d’abord forte interdite,
Est prise de grand ris aimable,
Qui point ne renfrogne Richard,
Comprenant bien que l’idée même,
Qu’il vient de raconter est venue
D’un esprit fol et dérangé et non pas
D’un ignoble corrompu par Diable.
« Mon ami, au moins cela vous aura
Distrait de la navrante nouvelle de Damas. »
[1] Pourquoi l’imagination serait réservée à notre époque ?
vendredi 20 mars 2026, “Le fossé d’Hastings” 23ème triade chants 67 à 69.