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LE FOSSÉ D'HASTINGS
un roman épique
ONZIÈME TRIADE
Chant XXXI
« Tu semble maussade, Eochaid », s’enquiert Éloi,
Alors que la Pâques s’est bien passée,
Eochaid offrant même le cierge nouveau,
Accompagnant Éloi et sa famille dans le jeûne,
Chantant la liturgie avec zèle.
Ce 10 avril, après le dimanche de l’octave,
Eochaid a la semblance de l’absence.
« Tu sais, Éloi, tu sais comme je suis,
Devenu sincèrement chrétien ? »
« Bien entendu mon ami, j’ai fiance. »
« Eh bien je suis triste, car il y eut saccage,
Sous la bannière pourpre de grand’heure.
Le temple païen d’Uppsalir est passé en ruines
Par aveuglement vengeur de Inge[1],
C’était vestige de notre Histoire
Qui déjà sous Harald[2] se dressait. »
Éloi, qui comme chrétien, se sent neutre,
Lui n’a jamais interdit les anciennes coutumes,
Il ne les a pas favorisées non plus, mais.
« Qu’est cela, dis-moi, Eochaid ? »
« Uppsalir, là se tenaient les trois nordiques,
Odhin et les puissants Thôrr et Freyr. »
« Mais, que t’en fais ? Tu n’es plus païen. »
« Oui, mais je suis humain. »
Un long silence pensif remplit la salle,
Jusqu’au moment où un courrier arrive.
Éloi prend le rouleau et lit à haute voix :
« Éloi, viens où l’ombre s’allonge en terres du nord,
Des voix s’éveillent et les vents murmurent.
Là, nous parlerons seul à seul.
Robert de Mowbray, Comte de Northumbrie. »
Chant XXXII
Éloi refuse de se rendre à York,
L’invitation sibylline de Robert de Mowbray
Trop prévisible, Éloi ne le sait que trop,
Il informe Guillaume II de ses préventions.
Lors que Guillaume l’année qui suivante,
Donne à Éloi titre de Lord d’Allerdale,
Il refuse, très poliment, objectant par écrit
“Manoir d’Aspatria, 12ème de janvier 1090,
L’honneur d’être fidèle m’est guide,
Et vous remercie très humblement,
Qu’en l’occasion j’ai eu de vous servir.
La mort du seigneur Waldeof d’Allerdale[3]
L’année passée en grande désolation de sa perte,
N’userai pour acquérir terres et titre.
Je suis et reste à votre service, épée et âme.
Éloi, baron d’Aspatria de par votre grâce.”
Guillaume II en est surpris à la lecture,
Mais n’en prend ombrage, au contraire,
Si bien que l’année suivante, 1091,
Le 2 février, Guillaume envahissant Normandie,
Demande aide à Éloi d’Aspatria,
À Guillaume, jeune chevalier déjà,
À Huguelin de Fontaine-Haute, banneret.
Il tient siège à Eu, puis hors navrements
Fait la paix fraternelle à Caen le même mois.
La famille de Fontaine-Haute réunie
Depuis tant vieille date, enfin se retrouve.
Elle fête les retrouvailles en grande ripaille et ris.
C’est à l’été que les nouvelles, noires, arrivent.
Les scots et quelques barons félons
Se rebellent encore à la face de Guillaume II.
Chant XXXIII
Les raids rapides et violents secouent Éloi,
Les scots sont, sous l’autorité
De Máel Coluim mac Donnchada, roi d’Alba,
Et ce dernier entend bien profiter
Car il y a dissensions fort nombreuses,
Depuis la mort de Guillaume le conquérant.
Mais c’est d’abord Anselme,
Nouvel archevêque de Cantorbéry,
Chamaillant le roi concernant les investitures,
Ce n’est que préséance du pape demandée.
Ensuite c’est Máel Coluim d’Alba
Qui en novembre 1093, fait siège d’Alnwick.
Ainsi, Robert de Mowbray, retrouvant l’honneur,
Mobilise pour le roi tant troupes vaillantes.
Alors même en nombre moindre, il arrive.
Devant Alnwick en 13 novembre il surprend.
Les Scots devant les remparts perdent
Leur roi et son fils durant le combat.
Privée de ses chefs, l’armée du Nord se retire
Piteuse et tant navrée de la poigne de Robert.
Ce dernier, dit la légende, aurait fait détours
Pour ne point marcher sur les cadavres
De ses ennemis, là, allongés.
Ils eurent enterrement respectueux à Tynemouth.
Cela entraîne, pour ceux du Nord
Nombreux chaos fratricides pour le pouvoir.
D’un Malcolm à un Donald,
D’un Donald à un Duncan
D’un Duncan à un Edmund.
C’est grand’pagaille en royaume scot
Et cela favorise bien Guillaume II.
Mais l’Histoire est friande de rebondissements
Et le Roi d’Angleterre ne va pas en manquer.
[1] Inge 1er, “l’Ancien”, roi de 1079 à 1084, défait par le “païen” Sven le sacrificateur ; puis de retour sur le trône de 1087 à 1105-1110.
[2] Harald Hildetand, roi légendaire de Suède au VIIIe siècle.
[3] La lignée des d’Allerdale gouvernait ces terres depuis plusieurs générations, les archives sont très imprécises, aussi me suis-je permis une “facilité”.
lundi 9 février 2026, “Le fossé d’Hastings” 12ème triade chants 34 à 36.