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LE FOSSÉ D'HASTINGS
un roman épique
VINGT HUITIÈME TRIADE
Chant LXXXII
12 juin 1179, jeune futur baron, William
Va au royaume de France, en Montpellier,
Pour suivre études d’art médical
Auprès de Pietro de Salerne,
Sage en l’art des remèdes, que son père,
Henry, connut en sa jeunesse, à Gênes.
« Ma mère, je vous laisse soin des terres,
Et de ma fiancée, Gwerfyl, que tant j’aime ja. »
« Mais êtes-vous sûr, mon fils, à peine arrivée,
La voilà esseulée de vous. »
« Je l’ai décidé en accord d’elle,
Préférant m’attendre à vos côtés,
Plutôt qu’en risque de navrement,
Par les troubles du temps en Wallie. »
« Ainsi, je ne vous revois que de long temps ? »
« Oui, mère, il me faut saisir la science,
Comme mes aïeuls en furent friands. »
Son département est cause de grand peine
Pour tous ceux ou celles qui aiment
Ce tant bel garçon aux cheveux de jais,
Gwerfyl, si amoureuse, ne pleure,
Pour ne point attrister son chevalier
D’avec qui elle ne se mariera qu’en retour
De lui, en l’an 1185, si tout est bien.
Le voyage, à cheval, accompagné
De deux gens d’armes et de son fidèle
Servant et ami, Duncan le Roux,
Va jusqu’en port de Southampton.
Puis la traversée de Manche,
Comme ja disent les Français.
Enfin, de Normandie à Montpellier
En passant par Orléans, Lyon, Avignon
Avant d’admirer la cité de ses études.
Chant LXXXIII
“Montpellier 22 juillet 1179, à ma bien-aimée,
Je suis enfin arrivé à Montpellier,
Après tant jours de voyage
Qui m’ont semblé longs comme siècles.
La belle ville de Montpellier,
Est entourée de collines et de rivières.
Il s’y tient aussi grand marché tant animé,
Les gens sont polis et curieux,
Quant aux mets, j’en ai ja goûté
Qui tant surprennent le palais.
Je pense souvent à vous,
C’est à votre souvenir que je puise
Mon courage en ces premières heures
Loin de notre terre et de vous tous.
Mais nous partagerons à nouveau
Même route et même souffle, par serment.
Recevez mes dévouements et affections.
William d’Aspatria.”
Un fait extraordinaire enthousiasme William,
En janvier 1181, Guilhem VIII de Montpellier,
Seigneur de la ville, décrète
La liberté d’enseigner la médecine,
Quelles que soient origine ou foi.
“Montpellier 11 février 1181, ma chère mère,
Je dois partager nouvelle qui emplit mon cœur de joie,
Le Seigneur de Montpellier a décrété
Liberté d’enseigner ou recevoir l’art médical,
Sans distinction de naissance ni de foi.
Que bel esprit voilà, d’espérance pour tous !
Même si j’entends appels aux armes en Orient,
Je garde confiance en ces lumières
Qui grandissent parmi les hommes.
Je t’embrasse avec toute mon affection.
William, ton fils, si heureux.”
Chant LXXXIV
Les poussières du temps passent,
William d’Aspatria, en sa majorité,
Advenue en novembre 1182,
A laissé les rênes de ses terres à sa mère.
Il écrit à sa future épouse,
“23 mai 1183, à vous, ma tendre,
Je ne puis retenir ma joie plus avant,
Chaque jour m’apporte des merveilles.
Comme ja je vous l’ai écrit,
J’apprends à connaître les herbes et leurs vertus,
À comprendre le corps humain,
Et mêmement à soigner certaines blessures
Comme le font nos bons maîtres.
Chaque découverte me fascine,
Je partagerai avec vous, si vous le voulez,
Tous ces savoirs qui s’ouvrent à moi,
Tant il est admirable de soigner les maux
Plutôt que de les commettre.
Je vous écris, pensant à vous, en votre souvenir,
Celui-ci rendant mes heures d’étude
Tellement plus lumineuses encore.
Votre dévoué, William.”
C’est à l’automne 1185 que revient
William en ses terres, et se marier.
Aspatria voit encore belle union
Tant fêtée par tous en Aspatria.
Aodh Fenwalker écrit ces strophes,
“Sous les ors du matin brille la chapelle,
Le jeune baron revient de ses leçons sages,
La belle de Galoys, aux yeux comme étincelle,
Salue enfin l’union attendue de longues pages.
Parfums d’herbes et fleurs en ce jour heureux,
Les cloches chantent, les cœurs battent à foison,
Le savoir et l’amour se joignent sous les cieux,
La vie promet mille heures de douce raison.”
vendredi 10 avril 2026, “Le fossé d’Hastings” 29ème triade chants 85 à 87.