Contes presque vrais
et pas totalement faux
Nouvelles
Promenades
au point culminant
Arts et divers
L'ombre de l'Écarlate
Roman
Dachau 1933,
“l'enfer” nazi
Histoire
de la Méduse... à Géricault
Histoire
Délicates chroniques
de la flagellation
Adultes
Dernier été à Saint Désert
Biographie
Des fables et des gens
Arts et divers
Dialogue entre un prêtre
et un moribond
Politique
Dictionnaire d’argot
du siècle
Arts et divers
L'improbable est guttural
Nouvelles
Douze preuves de
l'inexistence de dieu
Politique
Duel pour un viol
Histoire
Égalité des hommes
et des femmes
Politique
Grenelle,
variations sur un mot
Histoire
Eugène Pottier, un
défenseur du prolétariat
Biographie
Grand dictionnaire
de cuisine (3 tomes)
Arts et divers
Histoire de la sorcellerie
au comté de Bourgogne
Histoire
Histoires de viandes froides
Nouvelles
Pas de destin,
mais ce que nous...
Romans
J'accuse ou
la conscience humaine
Politique
L'étrange cas du Dr Jekyll
et de Mr Hyde
Romans
L'histoire de Pierre lapin
Enfants
Alice au pays
des merveilels
Enfants
À bas le travail
vive les travailleurs
Politique
Pour l'amour d'un homme
Nouvelles
Promesse d'Angleterre
Histoire
La tapisserie de Bayeux
Arts et divers
Considérations sommaires
sur la prison
Politique


LE FOSSÉ D'HASTINGS
un roman épique
SEIZIÈME TRIADE
Chant XLVI
Celui qui est déjà Owain Gwynedd
À l’Ouest, en les terres de Galles,
Fils du vieux et tourmenté Gruffydd ap Cynan,
Reçoit l’ambassade discrète du roi d’Angleterre.
« Ainsi tu es Richard, fils de Guillaume,
Ce Guillaume d’Aspatria dont le nom bruisse
Ici et là de ses services caressants. »
Sourit par droitesse de corps, Richard
Ne s’en laisse conter, il répond,
« Grand merci du souvenir de mon père,
Lui qui m’apprit tant des peuples de cette île.
Je n’avais pas encore vu vos collines
Par verdure si tendre et ciel si serein,
J’en ai les yeux pleins, mais suis là de mon roi,
Au sujet d’Aberlleiniog à Anglesey. »
Après moult reproches d’une part,
Après nombreuses caresses de l’autre,
Les parties s’entendent, le château,
Là depuis la fin du siècle passé,
Tel soldat piqué au garde-à-vous,
Hostile, aux portes mêmes de Gwynedd.
Comme l’écrit peu après Frère William de St. Bees,
Confesseur du baron d’Aspatria,
“In sinu maris et montium finis,
Pactum firmum inter duces manet;
Gwynedd castella sua servabit,
Anglia murum suum non protraheret.”[1]
À son retour en ses terres, Richard
Trouve si bonne et heureuse nouvelle.
Chant XLVII
« Un fils, votre seigneurie a un second fils. »
C’est Frère William, qui accourant, annonce
Cette tant bonne nouvelle ce 12 de juin 1127,
Assurant un peu plus la pérennité de son nom.
De joie, en même soir, entouré de ses enfants,
De sa femme Elizabeth, ils fêtent la nouvelle,
La naissance d’Alan, si joufflu déjà.
Il y a ménestrels et conteurs pour égayer la soirée,
Mais qui pourrait savoir que la tristesse s’abat
Si soudainement sur les chants joyeux.
Un serviteur pleurant aux pieds du baron,
« Monseigneur, il a rejoint le Christ dans la paix,
Bertran, vieux serviteur de feu votre aïeul Éloi,
Respirait encore ses quatre-vingt-six ans ce matin,
Ce soir en sa couche, paisiblement il s’est éteint. »
Les chants s’arrêtent et le vent de la douleur
Étreint chacun, car Bertran était un ange,
Un homme de bien que de sa présence partageait.
« L’un arrive, l’autre part, prions notre Seigneur.
La destinée de la vie nous partage de ris et pleurs,
Louons le ciel de nous offrir l’un et l’autre.
Je sais que l’ami aurait aimé cette patenôtre. »
Tous s’inclinent gravement en silence.
Les jours passent et les évènements se suivent
Comme procession de chenilles sur la branche,
Le dimanche 14 octobre 1128, c’est la fête.
En la chapelle Saint-Cuthbert, Isabel,
Sœur de Richard, se marie d’amour.
Un beau parti que William Shakeshaw,
Clerc privé du comte de Northumbrie,
Fils d’un riche bourgeois de Carlisle,
« Vous voilà, ma sœur, si bien aimée,
Je viendrai vous voir bientôt à Alnwick,
À votre premier-né que je vois jà poindre. »
Chant XLVIII
L’année 1128 se termine sur une rumeur,
Le bruissement d’une histoire,
Un dragon aurait élu domicile
Dans les collines au sud d’Aspatria.
“À Beacon Hill on l’entend rugir,
Tout le monde passe sa route
Nul n’entre plus à Hindrigg Plantation,
Le dragon s’est installé en ce pays.
Mais alors que la peur règne,
Un enfant, sans doute fol à lier
Ou sot tout à plein à paître l’herbe,
Entre par le nord entre les arbres.
C’est un vieux paysan qui le voit,
Mais lui reste là, droit en son champ,
Silencieux, il attend le dénouement.
Mais rien, ni cri, ni branche cassée,
Le bois est calme, comme en la création.
Au crépuscule, il se dit que l’enfant a disparu,
Emmené par telle ou telle créature infernale,
Le silence étant leur signature diabolique.
Le lendemain, le paysan revient,
Il regarde, écoute, scrute, hume. Rien.
Il travaille à ce qu’il doit faire,
Sur ses gardes tout de même.
Sur la fin de cette nouvelle journée,
Alors que le ciel s’embrase
Et avant que la lumière s’éteigne,
Il voit réapparaître l’innocent.
Il a raconté et décrit ce qu’il a vu,
Mais personne jamais ne l’a cru.
« Il portait la tête du dragon,
Chantant un air joyeux. »”
« J’aurais eu grand’peine à le croire aussi ! »
Dit le baron Richard en riant
Après qu’on lui eut conté la légende.
[1] Dans le recoin de la mer et des montagnes,
Un pacte ferme subsiste entre les chefs ;
Le Gwynedd protégera ses châteaux,
L’Angleterre ne prolongera pas ses murs.
vendredi 27 février 2026, “Le fossé d’Hastings” 17ème triade chants 49 à 51.