Gazette n°335
vendredi 20 mai 2022
sponsorisée par la diplomatie

Une partie du livre d’André Gide : “Si le grain ne meurt” est consacrée à son goût pour les jeunes gens, et, c’était courant à l’époque, particulièrement des jeunes maghrébins.
Bien des artistes ont érotisé l’Afrique du Nord.
Évocation fictionnelle.

LA GICLÉE

Nous sommes en 1871, à Abd el Harbili, à une dizaine de kilomètres au nord d’Essaouira, un petit village à l’époque.
John Karshen, artiste en photographie, s’y est installé il y a quelques années. Et grâce à son amitié de longue date avec le président des Etats-Unis, Ulysse Grant, il bénéficie de la protection du très moderne Mohammed IV, sultan du Maroc depuis 1859.
En effet, le goût de cet homme pour les jeunes garçons est connu, et la bonne mansuétude du pouvoir lui permet d’assouvir sa passion.
Une lettre du sultan arrive chez John :
“Cher monsieur Karshen,
j’aimerai vous entretenir du souhait que j’ai d’approcher votre gouvernement pour des affaires d’importance...”[1]
— Monsieur ?
— Oui Karim ?
— Je dois me rhabiller ?
John est dans ses pensées, la lettre à la main.
Le garçon devant lui, un beau jeune garçon d’une quinzaine d’années, les cheveux bouclés, le teint divinement hâlé, le corps sculpté à merveille, souple et majestueux... pose sur ses cuisses un tissu léger.
— Non Karim, on va continuer.
— Bien monsieur, sourit le jeune homme en retirant le léger foulard, exposant ainsi ses cuisses musclées à l’attention du photographe.
John reprend position derrière son appareil calotype[2].
— Tu veux bien tenir ton sexe dans ta main droite s’il te plaît.
Le garçon, aucunement gêné par cette demande, s’exécute avec candeur.
— Bien... ne bouge pas.
Le temps de pose est si long, que le sexe réagit de sa prise en main... il grossit à vue d’œil.
Karim se force à ne pas bouger, pourtant il aimerait bien faire aller et venir sa main ou qu’une bouche avide vienne s’y repaître. La tentation est forte.
John est aux anges, appréciant ce moment où il savoure ce spectacle, où il sait obliger son modèle à cette astreinte.
— C’est bon Karim... c’est dans la boîte.
Le jeune homme, n’y tenant plus débute un mouvement de va-et-vient, rejetant sa tête en arrière, il est comme un dieu, tenant son pouvoir en main. Il râle déjà.
John, subjugué par ce qu’il voit, reste tout d’abord figé, mais ne pouvant plus y résister, il s’agenouille devant l’autel qu’on lui offre. Caressant la paire de couilles, il lèche d’abord avec passion l’entrecuisse suant de ce divin éphèbe. Mais soumis à leurs désirs communs, bouche et sexe se rencontrent dans une vague de jouissance partagée.
L’apothéose arrive enfin ; un long jet de liquide chaud vient asperger... la lettre du sultan. Le jeune homme, libéré de la pression, rougit de cet accident.
— Pardon monsieur, je suis désolé.
— Ne t’inquiètes pas, aucune importance.
***
Aucun accord diplomatique n’eut lieu entre le royaume chérifien et les USA. John repartit pour Boston en 1872, pour se marier à une jeune bourgeoise, Mary-Anne Kennedy[3].

Épinac, le 20 mai 2022

1- Extrait de la correspondance de John Karshen (1830-1901). Archives de l’Université de Miskatonic (Arkham – Massachusetts).
2- Procédé photographique inventé par William Henry Fox Talbot et breveté en 1841. Il permet d’obtenir un négatif papier direct et donc de reproduire des images positives par simple tirage contact. Le procédé négatif-positif deviendra la base de la photographie argentique moderne.
3- Sœur hypothétique de Patrick Joseph Kennedy, grand père du futur président.

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