DICTIONNAIRE
DE PATOIS D’ÉPINAC

Collectif sous la direction
de Jean-Marie Deville
illustré par Maud Combier
168 pages - format A5 classique

On pourrait dire qu’il y a autant de patois que de villages, car si l’on retrouve des correspondances entre les uns et les autres, il y a toujours des spécificités locales. Cet ouvrage est composé de trois parties, d’abord la grammaire, suivi du dictionnaire à proprement parler et conclu par quelques histoires écrites en patois et en français. C’est le travail d’un groupe local qui ne veut pas que cet héritage soit définitivement perdu.
[...] Rencôté v.i. Tousser comme pour vomir. Renfeurmè, renfromè v.t. Renfermer. Rentrè v.i. Rentrer. Réparmè v.t. Économiser. Réqueurè v.t. Récurer. Réservouair n.m. Réservoir. Respirè v.i. Respirer. Rét’chiâ n.m. Râteau. Rét’lè v.t. Rateler. Reuch’né v.i. Ronchonner. Reuché v.i. Eternuer. Reue 1 n.f. Andain, rangée de foin ou de céréales fauchés. - 2 exp. Faire la mauvaise tête. Reufé v.t. Ruminer. Reuillè 1 v.t. Rouiller. - 2 v.pr. Se râcler la gorge. Reuillon n.m. Crachat. Reût’nè 1 n.m. Plat cuisiné trop longtemps sur le feu, brûlé. - 2 n.f. Pommes de terre trop cuites. Reûti v.t. Rôtir. Rev’ni v.i. Revenir. Revogué, demâmé v.t. Vomir. Revogueur n.m. Qui a été vomi. Revôrché v.t. Retomber plusieurs fois, retourner sens dessus-dessous. Révouaillè, révoueillè 1 adj. Très éveillé. - 2 v.t. Réveiller. Riautes n.f. Liens divers, faits avec des rejets d’arbres filandreux. Ribollé v.i. Sangloter. Ringasse n.f. Giboulée. Ringè v.t. Ranger. [...] (extrait de la troisième partie) : “Quant’ on v’nouaingeo, â mois d’septemb’, y’éto lai féét’ pôr nô les p’tchiots (lai class’ r’peurno ran qu’ â premé d’octob’ en c’temps lai). Tôt’ lai faimille éto réquisitionnée et peu çai finisso pôr eun’ bonn’ mairande brâment airosée. Aiprée, on beuvo l’cafè peu lai goutt’. Quand on vendangeait au mois de septembre, c’ était la fête pour nous les enfants (l’école reprenait seulement au premier octobre en ce temps là). Toute la famille était réquisitionnée et puis ça finissait par un bon repas bien arrosé. Après, on buvait le café, puis la goutte. Ai Lai Fouairée, les minœurs fiain préqu’ tôs ie p’chot d’culture. Âl’ aivain eune ou bin deux vaiches, des bouts d’prè, d’champ, d’veign’, ie p’chot d’matériel, des côs ie n’âne. A La Forêt, les mineurs faisaient presque tous un peu de culture. Ils avaient une ou bien deux vaches, des bouts de pré, de champ, de vigne, un peu de matériel, des fois un âne. Quant’ y’éto l’moment des foins, mes pairents montain ai lai Fouairée pôr beillé lai main. On laicho not’ logement d’ lai cité, on réésto ai lai Fouairée. Mon pére descendo tôs les jôrs prend’ le camion ai lai Gairenne pôr ailè â post’ ai Veuvrotte. Mouai, y’ailo en class’ ai Sâillé pôr les près; on traivarso lai rivéére “ez Clausiats”, l’bô D’Breu peu lai grand’ route. Yéto plâillant l’bon temps, mâ l’hivar, çai d’vo ééte moins rigolo ! I mîgeain ai lai cantine, çai m’chouaingeo d’lai Gairenne. C’m’ent ç’qui, y’aivo des copains d’class’ ai la Gairenne peu ai Sâillé. çai m’pleillo !... Quand c’était l’époque de la fenaison, mes parents montaient à La Forêt pour aider. On laissait notre logement de la cité, on restait à La Forêt. Mon père descendait tous les jours prendre le camion à la Garenne, pour aller au poste à Veuvrotte. Moi, j’allais en classe à Saisy par les prés; on franchissait la rivière aux Clausiats, on traversait le bois De Breuil puis la grande route. C’était agréable au beau temps, mais en hiver, ça devait être moins drôle On mangeait à la cantine, ça me changeait de la Garenne. Comme ça j’avais des copains de classe à la Garenne et à Saisy : ça me plaisait !... [...]”
dictionnaire de patois du village d'Épinac, en Bourgogne, illustré de dessins de Maud Combier